L’antipsychotique Abilify peut provoquer une dépendance au jeu, selon Santé Canada

Un homme de 25 ans pense qu’un médicament qui lui a été prescrit par un médecin l’a plongé dans une dépendance temporaire au jeu compulsif, qui lui a fait perdre 25 000 $ en quelques mois à peine en jouant au casino en ligne. Santé Canada confirme d’aprés le Journal de Québec qu’il s’agit d’un effet secondaire rare de cet antipsychotique.

«Je n’ai jamais été un joueur compulsif. Si j’allais au casino avec 20 $, je ne le dépensais même pas au complet. Avec le médicament, je suis resté accroché. J’avais tout le temps le goût de jouer. J’étais obsédé par ça et j’ai tout perdu», explique Simon Bergeron lors d’un témoignage.

Le médicament prescrit, Abilify ou aripiprazole, est un antipsychotique reconnu sur le marché.

L’examen réalisé par Santé Canada a identifié un lien véritable entre l’utilisation d’Abilify et un risque accru de certains troubles du contrôle des impulsions comme le risque de dépendance au jeu ou même l’hypersexualité. Une mise en garde a été publiée le 2 novembre 2015.

Mise en garde

De plus en plus endetté, Simon Bergeron ignorait tout de cet effet indésirable possible jusqu’à ce que sa mère lise un avertissement à ce sujet.

«Il a essayé le casino en ligne. Il disait qu’il n’arrêtait pas de s’enliser sans rien faire d’intelligent. Il avait un comportement inhabituel. J’en croyais pas mes yeux quand j’ai lu ça», précise Christiane Di Rosa.

«Ça m’a sonné des cloches. J’ai eu rapidement un rendez-vous avec le médecin. On a changé de médication. Tout se replace tranquillement. J’ai une forte impression que c’est relié», ajoute Simon.

Les spécialistes restent toutefois très prudents sur cette question. Lorsqu’il s’agit du cerveau, tout n’est jamais très clair.

«C’est connu depuis un certain temps et il y a donc une base scientifique à penser qu’il peut y avoir cet effet chez certaines personnes à risque. Par contre, il faut éviter de tracer une ligne cause effet directe, car il y a plusieurs causes possibles qui s’entremêlent», explique Frédéric Calon, professeur titulaire à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval.

 

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Source Journal de Québec – Photo Ben Pelosse

D’autres cas

Au moment de l’examen, Santé Canada avait reçu cinq déclarations de dépendance au jeu ou d’hypersexualité, toutes deux soupçonnées d’être associées à l’aripiprazole.

Aucune conclusion formelle n’a pu être établie. Par contre, sur 14 des 18 cas internationaux de dépendance au jeu recensés lors de l’examen des publications scientifiques et médicales, ce problème de comportement a disparu ou s’est amélioré en cessant de prendre ce médicament.
 
Recours collectif contre les fabricants

Un groupe de consommateurs a lancé un recours collectif pancanadien contre les fabricants Brystol-Myers Squibb, Otsuka et Lundbeck au nom des personnes ayant développé des comportements compulsifs.

 

ABILIFY est indiqué dans le traitement de la schizophrénie chez les adultes et les adolescents âgé de 15 ans ou plus.

ABILIFY est indiqué dans le traitement des épisodes maniaques modérés à sévères des troubles bipolaires de type I et dans la prévention de récidives d’épisodes maniaques chez l’adulte ayant présenté des épisodes à prédominance maniaque et pour qui les épisodes maniaques ont répondu à un traitement par aripiprazole (voir rubrique Propriétés pharmacodynamiques).

ABILIFY est indiqué dans le traitement des épisodes maniaques modérés à sévères des troubles bipolaires de type I chez l’adolescent âgé de 13 ans ou plus pour une durée allant jusque 12 semaines.